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Ends Dec 10

Loris Greaud

French, 1979

Sfumato Painting, 2014

Sfumato Painting, 2014 Résine polyester, dioxyde de manganèse, caisse américaine en aluminium noir 162 × 130 cm (sans cadre) Don de l'artiste Loris Gréaud Sfumato Paintings, 2014 En 2010, Philippe Walter et Laurence de Viguerie du CNRS mènent l'enquête. Personne jusqu'ici n'a su percer le mystère chimique de l'effet employé par Léonard de Vinci pour donner cet aspect à la fois si réaliste et vaporeux aux visages dont il fait le portrait. Inestimables, il est en effet impossible d'effectuer des prélèvements même minimes sur les toiles du maître. C'est avec le support du Synchroton Européen de Grenoble, que les deux scientifiques vont parvenir à révéler le procédé mis en oeuvre par Léonard de Vinci pour obtenir cet effet qu'il nomme lui-même « sfumato»: une peinture « sans lignes ni contours, à la façon de la fumée». Mettant à profit les dernières évolutions de la spectrométrie de fluoresence des rayons X, ils analysent tour à tour les 6 chefs-d'oeuvre que comptent les collections du Musée du Louvre. S'attardant sur les visages, ils mettent en exergue une succession de couches infimes de glacis, subtil mélange d'huile, de résine, d'oxyde de manganèse et parfois un soupçon de cuivre. Certaines zones révèlent près de 30 micro-couches d'à peine 1, 2 ou 3 microns chacune, le tout n'étant pas plus épais qu'un demi-cheveu... C'est donc dans cet inframince et cet empilement à peine perceptible que Léonard de Vinci parvenait à créer l'intrigue psychologique des personnalités qui hantaient ses peintures. Et ses personnages pouvaient tour à tour être énigmatiques, tragiques, songeurs, souriants ou plutôt sur le bord d'être l'un ou l'autre. L'histoire de la recette du Sfumato révèle aussi que Léonard de Vinci pouvait passer plusieurs années à peindre un même tableau, chaque film de résine demandant un temps de séchage de plusieurs jours à quelques mois. Peut-être est-ce là aussi l'origine de l'évanescence de ses sujets qui, s'ils sont pourtant figés dans le temps, semblent toujours lascifs et hésitants. Depuis la publication de l'étude des chercheurs, Loris Gréaud n'a pas pu résister. Il s'est emparé de la recette tant convoitée pour produire une série de peintures abstraites. Si les résines ont évolué et permettent de catalyser plus rapidement l'oxyde de manganèse, lui est toujours le même et produit toujours la même intensité. Ainsi, les peintures de Loris Gréaud se parent de volutes mystérieuses qui varient selon que vous vous rapprochez de la toile et que s'y mire votre reflet. Car il ne s'agit plus de saisir et de fixer dans le temps l'hésitation d'un regard, mais de faire surgir un instant l'image du regardeur s'il venait à s'y attarder. On se souvient encore de Giorgio Vasari qui s'émerveillait de la capacité de Léonard de Vinci à rendre des tons « plus noirs que noirs». Quelle plus belle expérience à mener pour un artiste dont le noir est devenu l'étendard?

Pierre Berge & Associés

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